Son sourire

 

          Aucun portrait scripturaire de l’abbé JOËSSEL n’omet son sourire - peu de photographies le montrent sans - un sourire qui exprimait un peu de son âme et en révélait toute la richesse.

 

          Déjà, dans sa jeunesse, il savait sourire, peut-être pour énerver son frère qui raconte : « Nous jouions souvent avec le chemin de fer électrique et avec ce que nous appelions le tennis de table que nous pratiquions sur la table de la salle à manger dont les extrémités étaient en demi-cercle, ce qui augmentait la difficulté.

         Nous étions à peu près de la même force et nous nous battions chacun à notre tour. Quand je perdais, je montrais mon mauvais caractère : qu’il perde ou qu’il gagne, Dani avait un large sourire qui augmentait mon exaspération. »

 

            Par la suite, Daniel semblera toujours sourire comme le soulignent de nombreux témoins :

Daniel, « dont le sourire si communicatif était un réconfort et une édification pour tous ceux qui l’approchaient », « son lumineux sourire », son « bon sourire … qui livrait un peu de son âme ardente », son « sourire affectueux » parfois « aiguisé de malice », « sourire conquérant », ne souriait pas seulement parce qu’il avait un naturel heureux. « Un de ses points principaux de résolutions et de méditations, c'était la joie. Il me le répétait, quelques jours avant la guerre : “Je travaille à conserver toujours la joie, à garder toujours le sourire.” » rapporte VEUILLOT, qui va jusqu’à qualifier Daniel « d’apôtre du sourire ».

            « Son sourire épanoui et conquérant restera légendaire ».

 

            Chaque chapitre de la biographie de François VEUILLOT évoque ce sourire, souvent plusieurs fois en passant, parfois en s’y arrêtant :  « Et puis, tous ces dons de nature, élargis et cultivés sur le plan surnaturel, se révélaient aux jeunes dans l’attrayante clarté de ce sourire immédiatement devenu populaire : perpétuel, mais non figé, et tout au contraire, singulièrement mobile et expressif ; épanoui, mais nullement placide et, bien loin de là, souvent aiguisé par un pétillement de bonhomie maligne. En esquissant le portrait de l’homme, j’ai déjà dû l’évoquer, ce sourire, et j’ai découvert en lui, sous le reflet d’un caractère heureux, la résolution d’une âme virile : jamais forcé, mais quelquefois courageusement voulu. »  (p. 133)

 

            Son sourire… jusqu’à l’heure de la mort où son dernier geste, comme une dernière parole, fut un large sourire au prêtre en pleurs qui l’assistait.