Le sacrifice

« La vie chrétienne repose sur le sacrifice. »

                                      Daniel JOËSSEL

           Le sacrifice tient une grande place dans la vie de l’abbé JOËSSEL. A l’image du Seigneur, à l’école de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, il voulait tout offrir et s’offrir lui-même. Il encourageait aussi au sacrifice, même les enfants et les jeunes. Il était exigeant avec eux, parce qu’il l’était d’abord avec lui-même.

 

           D’une discussion avec l’abbé FOUQUES-DUPARC, un des amis intimes de l’abbé Joëssel, sur la valeur des sacrifices, François VEUILLOT retient : « Le principal et le plus méritoire, déclarait Daniel, c’est celui qui est imposé par Dieu, accepté en union avec lui. »

 

            Ce sacrifice était d’abord spirituel, c’est-à-dire celui du cœur. Dès 1932, -il est encore au séminaire, il a 24 ans-, Daniel note au cours d’une retraite, semble-t-il comme un objectif atteint : « Sacrifice complet du cœur ».

 

            Sans doute, les conseils qu’il prodigue donnent-ils une image exacte, à défaut d’être complète, de ce que Daniel JOËSSEL pense du et des sacrifices : « Profitez de toutes les occasions pour vous offrir au Seigneur et pour lui répéter sans cesse que vous voulez pleinement sa volonté et non la vôtre. N’oubliez jamais que toute la sainteté est là et je voudrais surtout que vous simplifiiez le plus possible votre vie. Tous les petits riens de chacune de nos journées sont des occasions providentielles de sacrifices et le Bon Dieu nous demande de répondre pleinement « oui » à tous ses appels d’amour. » Lettre du 5 décembre 1939.

 

            A un Jociste : « Mais ce qu’il importe, vois-tu, de faire le plus possible et le mieux possible, c’est de prier et de s’offrir. Il faut que, pour nous, cette prière soit une occasion de monter plus haut ; toute épreuve, en effet, a son bon côté, celle de nous faire voir davantage la valeur du sacrifice. J’espère donc que tu gardes entièrement ta vie de contact avec le Christ et que chaque jour ton amitié avec Lui fait un bond en avant. » 19 novembre 1939.

 

 

           Le 18 décembre 1939, il écrit à Pierre VEUILLOT : « Je prie pour vous de tout mon cœur. Triste Noël passé loin de la paroisse, loin de ceux que l’on aime tant ! Le sacrifice nous est demandé, offrons-le généreusement pour ceux qui nous entourent ! »

 

            Et Pierre VEUILLOT dira après la mort de l’abbé JOËSSEL : « Il a toujours compris son sacerdoce comme un sacrifice de sa vie au service des âmes, et cela depuis le début. »

 

            Cette vie de sacrifice est allée jusqu’au bout, jusqu’à l’heure de sa mort où il dit au prêtre qui l’assiste qu’il est heureux d’offrir le sacrifice de sa vie. L’abbé VEUILLOT continue dans des notes :

           « Il a fait le sacrifice de sa vie. Dieu a accepté son sacrifice. Sa mort a été celle du prêtre qui donne sa vie pour les âmes qui lui sont confiées à l'image du Christ. […] Comme on lui demandait s'il faisait le sacrifice de sa vie, il répondit :''Avec grande joie''. Et à la dernière minute, il regarda le prêtre qui pleurait à côté de lui avec un large sourire. Ce sacrifice qui exprimait une valeur surnaturelle.

            Donc, sacrifice de sa vie, et sacrifice dans la joie. »

 

 

           Le sacrifice de sa vie a été offert pour les âmes dont il avait la charge, en particulier « ses chers enfants » et tout spécialement pour les vocations sacerdotales :

           « J’aurais voulu mourir au service de notre seul vrai Maître, lui écrivait-il, à peine éloigné de la paroisse. Si le Bon Dieu juge de me reprendre demain ou après, je suis prêt à faire le sacrifice de tout ce que j’ai aimé uniquement ici-bas, c’est-à-dire des âmes qui m’ont été confiées, de mes chers enfants, à qui vous pouvez dire que j’offre ce sacrifice pour eux, pour qu’ils comprennent que notre seul bonheur ici-bas est d’aimer le Bon Dieu de tout son cœur. »

           « J’offre ce sacrifice surtout pour qu’il y ait des prêtres qui me remplacent et qui tâchent aussi d’amener des âmes au vrai Royaume de la Charité. » François VEUILLOT, L’abbé Daniel JOËSSEL.

 

 

           De fait, comme beaucoup l’ont dit, parfois après en avoir bénéficié eux-mêmes, son sacrifice a en effet porté du fruit et donné naissance à de nombreuses vocations sacerdotales.

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Ce Crucifix appartenait à l'abbé JOËSSEL. L'abbé FOUQUES-DUPARC l'a conservé très longtemps avant de le rendre à la famille de l'abbé JOËSSEL.