Son ministère

Premiers pas dans le ministère

     Ordonné prêtre le 31 mars 1934, Daniel aurait pu commencer un ministère à plein temps dès le mois de juillet suivant. Mais ses supérieurs en décident autrement, ils lui font poursuivre ses études encore pendant un an.

     Cette année supplémentaire va lui permettre de faire ses premiers pas dans le ministère. Deux ministères lui sont confiés : la messe quotidienne dans une communauté religieuse et un apostolat en paroisse à Montesson en fin de semaine.

 

     La messe qu’il célèbre chaque jour auprès d’une communauté religieuse, à l’ombre de Montmartre, lui permet aussi des échanges quotidiens avec la communauté et en particulier avec la supérieure, la Mère Marie CESLAS qui se souviendra toujours avec émotion des messes célébrées par ce tout jeune prêtre.

 

     Quant à sa présence à Montesson, elle manifestera dès le début, non seulement l’importance de la messe dans son ministère, pour conduire les âmes à Dieu, mais aussi son charisme « d’entraîneur » : les effectifs au catéchisme et à la messe augmenteront très rapidement.

A grands pas au cœur du ministère

     C’est donc en juillet 35 qu’il est nommé à la paroisse Sainte Geneviève d’Asnières. Dès lors, tout va aller très vite.

     À peine arrivé, le voilà chargé d'accompagner des malades à Lourdes. Puis, quelques jours plus tard, il part à Dol de Bretagne avec l'abbé BAUDOUIN qui y emmène une colonie de vacances. Il n'y reste que peu de temps car il doit rallier son régiment en tant qu'officier pour des exercices militaires.

     Il regagne sa paroisse en octobre 1935. Il s'installe d'abord rue des Jardins, juste en face du patronage. Puis, plus tard, il occupe une petite chambre au numéro 50 de la rue de la Concorde, maison où logent également les abbés BOYER-CHAMMARD et BARBÉ.

 

     Son curé, le chanoine MULLER, lui confie tout particulièrement la responsabilité des jeunes : JOC, JEC, patronage, Cœurs Vaillants, la colonie, la Jeunesse sportive Asniéroise, et la dernière année les scouts, avec lesquels il a déjà eu de nombreux contacts.

     Il va s'attacher à développer tous ces mouvements, en particulier la JOC et essayer de créer une unité et une coopération entre eux. Un mensuel « Notre vie », rédigé comme moyen d’évangélisation et signe de communion, témoigne de toutes les activités.

 

    

   

Lourdes 2.PNG

     Auprès des jeunes, il va merveilleusement réussir. Il se dévoue totalement pour eux.

      Il sait repérer ceux auxquels il peut confier des responsabilités. Il implique les plus grands dans la formation chrétienne des plus jeunes. Il cherche à les faire « monter » mais sans édulcorer le message évangélique et sans minimiser ses attentes. C'est tout le contraire. Il leur parle de droiture de vie, de sacrifice. Il leur déclare : « Le Cœur Vaillant doit montrer partout l'exemple. » et il reconnaît que « ce n'est pas très commode d'être Cœur Vaillant, il faut en mettre un sérieux coup. »

       Il est exigeant avec tous, au nom de l’amour. Il sait se faire « tout à tous », s’adapter à chacun, rattraper ceux qui flanchent, encourager ceux qui peinent, faire monter encore plus haut ceux qui progressent.

A Lourdes

     Dans ses activités auprès des jeunes, il faut souligner particulièrement la réussite des colonies, son     « chef d’œuvre ». Là, dans un esprit et une ambiance de famille, il leur donne une formation chrétienne intégrale. Il cherche à ce que durant ce temps de vacances les enfants soient immergés dans un bain entièrement chrétien, afin qu'à leur retour ils « rayonnent le Christ ». Avec eux, il est comme un père et comme un frère. Son autorité naturelle fait des merveilles.

 

Une terrible épreuve

     En août 1937, la colonie, installée cette année-là à Longebonne, est marquée par un drame dont la majorité des journaux se fera l'écho. Deux jeunes, Pierre DESCHAMPS et Roland GILLET, partis récupérer du matériel oublié et surpris par la nuit, font une chute mortelle. Le chagrin et la souffrance de l'abbé Daniel sont immenses. Seule sa foi lui permet de surmonter cette épreuve.

Journal La Croix du 22 mai 1937

Vicaire

Tout ce temps passé auprès des jeunes n’épuise pas son ministère. Il est aussi vicaire en paroisse et doit accomplir les actes de cette charge : visite des familles, des malades, des personnes âgées pensionnaires de l'hospice Sainte-Élisabeth, célébrations liturgiques, confessions. Il est aussi appelé pour des rencontres, retraites ou récollections pour jeunes, qui dépassent le cadre de la paroisse.

Derniers pas dans le ministère
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     A l’heure de la mobilisation, il passera directement de la colonie de Laps à son Régiment. Là, sous l’uniforme de l’officier, faisant son devoir d’état, il reste prêtre, continue de célébrer la messe chaque fois que c’est possible, rend service dans les paroisses alentour, confesse, soutient ses hommes dont il connaît chacun, comme il connaissait chacun de   « ses gosses ». Il constitue même des cercles d’études.

     Il instaure un lien entre « ses jeunes » et les soldats, et sur le front il a une activité épistolaire importante. Il écrit beaucoup aux jeunes et au Père Stéphane FOUQUES-DUPARC qui s’occupe d’eux, en son absence.

 

    

     Jusqu’au bout il restera prêtre, et si c’est en soldat qu’il meurt, il offre sa vie de prêtre pour ses jeunes et pour les vocations sacerdotales.